2018 – L’ARBRE EN POCHE

EN REPRÉSENTATION

10 JANV >Théâtre Anne de Bretagne, Scènes du Golfe VANNES
12 & 13 JANV > La Coursive, Scène nationale de LA ROCHELLE
16 JANV > Théâtre de L’Arsenal VAL DE REUIL
18 JANV > Les Scènes du Jura Scène nationale LONS-LE-SAUNIER
20 & 21 JANV > Théâtre de CHÂTILLON
23 JANV > Le Grand AngleScène Régionale, VOIRON
27, 30, 31 JANV > Le Centquatre-PARIS (dans le cadre du festival Les Singuliers # 2)
1er, 2 & 3 FÉV > Le Centquatre-PARIS (dans le cadre du festival Les Singuliers # 2)
6 FÉV > Théâtre de La Rotonde ÉPINAL
8 & 9 FÉV > Train Théâtre PORTES-LÈS-VALENCE
20 & 21 FÉV > La Comète, Scène nationale de CHÂLONS-EN-CHAMPAGNE
22 FÉV > L’Arsenal METZ
25 FÉV > La Barcarolle SAINT-OMER
6 MAR > Théâtre Paul Eluard CHOISY-LE-ROI
8 MAR > Gallia Théâtre SAINTES
9 MAR > Le Moulin du Roc, Scène nationale de NIORT
13 MAR > Piano’cktail BOUGUENAIS
16 MAR > Tandem, Scène nationale de DOUAI
18 MAR > Centre culturel Jean Moulin LIMOGES
20 MAR > Théâtre d’ORLÉANS, Scène nationale
23 MAR > Théâtre Molière, Scène nationale de SÈTE et du bassin de Thau
25 AVR > Printemps de BOURGES


Texte et mise en scène : Claire Diterzi
Musiques : Francesco Filidei, Claire Diterzi
Collaboration artistique et création lumière : Fred Hocké
Scénographie : Bénédicte Jolys
Dramaturgie : David Sanson
Costumes : Fabienne Touzi Dit Terzi
Chant : Serge Kakudji, Claire Diterzi
Jeu : Alexandre Pallu
Percussions : Matthieu Chardon, Lucie Delmas, Stéphane Garin, Thibault Lepri, Lou Renaud-Bailly, François Vallet
Acrobatie : Issouf Zemani
Régie générale : Cédric Grouhan
Son : François Gouverneur
Régie lumière : Nicolas Guellier
Décor : Compagnie La Machine
Artwork : Franck Chauvet + Bénédicte Lecourt

Accueillie en résidence au Théâtre Paul Eluard, Scène conventionnée pour la diversité linguistique, Choisy-Le-Roi / Théâtre de L’Arsenal, Val-de-Rueil / Théâtre de Châtillon Scènes du Golfe -Théâtre Anne de Bretagne, Vannes

PRODUCTION : JE GARDE LE CHIEN

EN COPRODUCTION AVEC LA COURSIVE, SCÈNE NATIONALE DE LA ROCHELLE / LE TRAIN THÉÂTRE, PORTE-LÈS-VALENCE / SCÈNE NATIONALE DE SÈTE ET DU BASSIN DE THAU / LA COMÈTE, SCÈNE NATIONALE DE CHÂLONS-EN-CHAMPAGNE / LE THÉÂTRE DE CHÂTILLON / THÉÂTRE DE L’ARSENAL, VAL-DE-RUEIL / SCÈNES DU GOLFE, THÉÂTRE ANNE DE BRETAGNE, VANNES / LE MOULIN DU ROC, SCÈNE NATIONALE DE NIORT

Disponible en digipack, livre-album et vinyle

CONCEPT-ALBUM ET TRAGI-COMÉDIE MUSICALE

C’est l’histoire d’une chanteuse française qui n’a jamais eu froid aux yeux, et qui prend un malin plaisir à faire feu de tout bois. Du chorégraphe Philippe Découflé jadis au dramaturge et metteur en scène Rodrigo Garcia récemment, Claire Diterzi cultive depuis plus de 20 ans une démarche éminemment transmusicale. L’an dernier, Le Monde la désignait d’ailleurs comme la «pionnière» parmi tous ces musiciens qui s’emploient aujourd’hui à «casser le mur du son» et à frotter leur musique aux autres arts de la scène. Ce 8e album est ainsi un nouvel Objet Sonore (et Scénique) Non Identifié : les 12 chansons qui composent L’Arbre en poche forment en effet la bande-son du spectacle éponyme, qu’elle a écrit et mis en scène (il sera créé en janvier 2018 au Théâtre Anne de Bretagne, Scène Nationale de Vannes). Un spectacle de théâtre musical au sens le plus ouvert du terme, puisqu’il associe un fildefériste, un comédien, un contre-ténor, une chanteuse/sorcière, et six percussionnistes chargés notamment d’interpréter… un mini-opéra contemporain – L’Opera (forse), du compositeur italien Francesco Filidei, qui séjourna en même temps qu’elle à la Villa Médicis : joli pied-de-nez aux gardiens du temple de tout poil, si l’on se rappelle la polémique qui entoura cette résidence, et qui donna lieu en son temps au projet discographique et scénique Le Salon des refusées ! Un spectacle dont le propos – comme naguère celui de Rosa la Rouge, hommage à Rosa Luxembourg qui, déjà, faisait l’objet d’un spectacle co-écrit avec Marcial Di Fonzo Bo – est avant tout, politique, vigoureux (mais savoureux) manifeste contre les ravages que l’homme inflige à son environnement, et cri d’alarme face à la catastrophe écologique que nous traversons.

C’est l’histoire d’un jeune garçon qui, un jour, las du philistinisme et du conformisme ambiants en général, et de Fun Radio en particulier, décide – à l’image de l’héroïque Baron perché d’Italo Calvino, dont le titre L’Arbre en poche est l’anagramme – de monter dans un arbre pour n’en plus jamais redescendre. Du haut de son moabi, sous les yeux de son frère, resté rivé à son confortable fauteuil comme trop de (télé)spectateurs passifs du désastre actuel, il fera tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher la dévastation des forêts de son Congo natal ; il rencontrera même l’âme sœur, se consumant d’amour pour une sorcière (Claire Diterzi), qu’il sauvera des flammes mais ne pourra sauver des eaux. Comme le roman de Calvino, brillant hommage à l’esprit des Lumières, L’Arbre en poche est un récit d’émancipations, un hymne vibrant à la désobéissance civile. Entre concept-album et tragi-comédie musicale, entre minimalisme électronique et mélismes baroques, entre le rire et les larmes, le chaud et le froid, l’humour et le désespoir, l’audace et l’évidence, ce disque, où pour la première fois Claire Diterzi confie certaines de ses compositions à la voix d’un autre (le contre-ténor Serge Kakudji, qui interprète le héros de L’Arbre en poche), est bien à l’image du spectacle qu’il accompagne : à la fois direct et foisonnant, populaire et savant, iconoclaste et poignant, faisant voisiner avec un naturel déconcertant une reprise du générique de Goldorak, un hommage au Pli de Gilles Deleuze et une chanson en swahili…
En creux, cet album qui se déploie comme un origami se révèle doublement politique. Car l’émancipation dont il est question, c’est au moins autant celle d’une chanteuse française – ici tour à tour pythie et chipie, sorcière et sirène (d’alarme) – qui fait fi des règles de l’étiquette et du qu’en dira-t-on, défiant les lois de la gravité et les faux procès en illégitimité ; d’une artiste frondeuse et libérée qui, comme d’autres abattent des arbres, n’a de cesse de faire tomber les frontières et les préjugés séparant les disciplines et les «genres». Avec humour, et toujours une folle détermination.

David Sanson


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