2019 – JE GARDE LE CHIEN…ET L’ORCHESTRE

EN REPRÉSENTATION

2019
17 AVRIL >
Auditorium Thélème TOURS – avant-première • Orchestre symphonique Région Centre Val de Loire
18 AVRIL > Théâtre Jacques Coeur PRINTEMPS DE BOURGES – création • Orchestre symphonique Région Centre Val de Loire
30 JUIN > Odéon NUITS DE FOURVIERE Orchestre du CRR de Lyon

Direction artistique, chant : Claire Diterzi
Direction musicale : Benjamin Pionnier
Arrangements : Sylvain Griotto
Choeurs : Mood & Nadia Simon
Mise en espace : Fred Hocké
Lumière : Nicolas Guellier
Son : Anne Laurin
Costumes : Fabienne Touzi Dit Terzi
Direction technique : Cédric Grouhan
Production / diffusion : Martine Bellanza
Relation presse : Murielle Richard

Commande du Grand Théâtre de Tours
Production déléguée Compagnie Je garde le chien
Coproduction Grand Théâtre de Tours,
Le Printemps de Bourges

Avec le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication/DGCA – Délégation Musique

Claire Diterzi est artiste en résidence au Grand Théâtre de Tours

Dans L’Arbre en poche, ma dernière pièce de théâtre musical créée début 2018, j’ai eu plaisir à frotter mon univers à la musique contemporaine – L’Opera forse du compositeur Francesco Filidei. Aujourd’hui, Je garde le chien… et l’orchestre marque une nouvelle étape d’un parcours que j’ai toujours voulu le plus ouvert et transdisciplinaire possible. À travers mes collaborations avec les chorégraphes (Philippe Decouflé, Dominique Boivin) comme les gens de théâtre (Marcial di Fonzo Bo, Rodrigo Garcia), mon ambition a toujours été de mettre à bas les cloisons et les étiquettes qui séparent et atrophient les esthétiques comme les disciplines artistiques. À commencer par celles qui continuent de distinguer la musique dite “écrite” de ces musiques prétendument “populaires” – distinction dont j’ai personnellement eu à subir les funestes effets lors de mon admission à la Villa Médicis. Étendre le domaine de la chanson, mais aussi détendre l’univers du “classique”. La commande faite par Benjamin Pionnier, directeur de l’Opéra de Tours, de transposer des morceaux choisis de mon répertoire pour un orchestre symphonique a constitué pour moi l’occasion idéale de porter sur mon parcours un regard à la fois synthétique et décalé, et d’offrir à mes chansons un écrin singulier. Avec la complicité de Sylvain Griotto – compositeur et arrangeur non seulement polyglotte (il manie le langage classique aussi bien que l’idiome “pop”) mais surtout polymorphe – et du scénographe et metteur en scène Fred Hocké, il s’est agi de faire saillir la cohérence de ce corpus éclectique : d’ordonner ces chansons suivant un fil narratif et dramaturgique qui, à sa manière, et sans ménager les rebondissements, raconte une histoire. Une histoire qui est d’abord celle d’une voix : tantôt parlée, tantôt chantée, tour à tour gouailleuse, chuchottée, aérienne ou lyrique, elle a toujours été, depuis mes débuts sur la scène punk avec Forguette Mi Note, mon premier instrument d’émancipation.

 

Le langage musical de Claire est original, il questionne les limites du son pop et du théâtre musical, dans un univers instinctif et savant à la fois. D’un style assuré et reconnaissable, mais pas catégorisé, son expression est en perpétuel mouvement, comme une «chanson contemporaine». À l’écoute de son répertoire, il m’apparaissait qu’il ne manquait que l’orchestre symphonique pour sublimer ces univers sonores. Cette palette presque infinie de couleurs et d’expressions, propose une dimension pour nourrir le langage musical de Claire Diterzi, qui a aussi peu que moi le goût du pré carré. Loin du mélange des genres, c’est une véritable complicité artistique qui se concrétise dans ce projet que je suis fier de lui avoir proposé. Sylvain Griotto a tout à fait agréé à cette idée de nouvelle dimension musicale pour raconter cet univers et qui propose aussi, par les techniques d’orchestration, de choix des timbres et de couleurs., d’être fidèles à cet univers tout en utilisant, par la nature de l’orchestre, la synthèse des influences musicales de la rockeuse.

Benjamin Pionnier

 

DE LA CHANSON À L’ORCHESTRE SYMPHONIQUE

La chanson est un dessin, l’orchestre est un tableau !
Si une chanson a besoin de concision, d’efficacité harmonique, rythmique, et d’une simplicité apparente pour être en parfaite adéquation avec ce qu’elle veut exprimer, l’orchestre symphonique possède une sonorité chargée d’une longue histoire derrière lui, il utilise une langue complexe et luxuriante. Ainsi, le passage d’une chanson de son format initial à l’orchestre symphonique est parfois plus délicat qu’il n’y paraît. Mon travail d’arrangeur sur ce projet a essentiellement consisté à comprendre l’essence profonde de chaque titre et de littéralement la traduire dans une forme orchestrale. Une traduction qui n’est pas toujours mot à mot, et il faut parfois adapter esthétiquement la musique.
Dans tous les cas, c’est avant tout l’émotion produite qui est la référence commune aux deux versions.
D’autre part, l’exercice de l’orchestration, consiste à fabriquer une forme symphonique presqu’en un seul tenant. Les différents titres issus de la discographie de Claire sont dès lors comme les mouvements enchaînés d’une seule et même oeuvre. Et leurs formidables contrastes de tempi, couleur et caractères occasionnent des transitions, brutales ou plus dégradées, qui se prêtent bien à un grand effectif de musiciens.

Sylvain Griotto